Tendance Jobarde
Posté par Le Pouvoir des Idées - 15/11/08 à 08:11:41CHAQUE MOIS, LES TENDANCES LES PLUS IMPENSABLES SONT LES PLUS INDISPENSABLES.
(Après cette page, vous deviendrez un peu plus idiot.)
Giorgio est vraiment un individu translucide. Et ne serait-ce que par celà, il incarne le design le plus impératif d’aujourd’hui. Bleu turquoise, pour être précis le jour où il nous reçoit dans son modeste Palazzo toscan. Il y a là Rupert, Sean, Isabelle, Jean-Paul, Jean Bapt et bien sûr Calvin, tous des confrères et de bons vieux amigos. C’est au son baléarique de « I feel nothing » de I-Nobody, que l’on découvre avec angoisse et orgasme la nouvelle collection de Giorgio Jobardo en private preview show-case, sans-dieu merci !-VIP-et dans la plus stricte intimité, fraternité et simplicité. Dans un éblouissement lysergique nous apparaissent des culottes tyroliennes irradiées d’un rayonnement d’arc-en-ciel : fushia, pervenche, kiwi, curacao, etc. De jeunes paysans toscans, rustauds, rougeauds et lourdauds composent sous nos yeux un défilé des plus plaisants. Le look d’un guitariste d’un groupe préhistorien (AC/DC) a-t-il inspiré Giorgio dans cette affaire En tout cas, Sacré Giorgio »Et veux tu lacher ma paille, ! »Après la chute de l’empire romain, le rut du pire toscan ? Méditatifs, nous léchons nos doigts, dégoulinant de l’huile d’olive premium qui a sublimé la mozarella-tomate divine que de jeunes gueux au profil ingrat mais empreints d’une noblesse toute latine nous ont présentée dans le nouveau service en cristal ergonomique, crée par Lucette Jospin (en vente chez « Ginette »).
Thank god I’m a Jobard !
De la grande botte à la grosse pomme, il n’y a qu’un pas car la Job-Art-Worldwide vision ignore les distances.(L’espace et le temps sont des données caducs, jadis inventées pour museler les esclaves). Il va sans dire que nous faisons ce saut par pure projection mentale. Avant notre téléportation, nous prenons soin d’oindre nos aisselles de l’essence »Nowhere »de Justin Showoff. Shazzam nos pieds nus chaussés de tongues ultra souples en fibrax confèrent à notre démarche une aura quasi-féline tandis que nous arpentons l’asphalte de Williamsburg, un quartier de Brooklyn (NYC). Là un singulier jouvenceau nous brieffe derechef :une scission vient de se produire dans les rangs des Loubavitch entre les Loub et les Avitch les juifs pieux, habillés de noir et blanc, coiffés d’un chapeau et arborant longs caftans barbes et bouclettes (depuis la vie rituelle du shtetl en Europe centrale) découvrent parmi eux avec stupeur une nouvelle frange d’illuminés : les jobards casher ! Des individus vêtus en tout point identiquement mais ayant remplacé le noir par le rouge ! Mariant le bien nommé « Livre de Job »à la sapience de Charlie Oleg, Ces individus voient dans le rire la véritable rédemption de l’homme. À leur tête, le célébrissime rabin Reb Mehem Jobardim mène une nouvelle croisade, si l’on peut s’exprimer ainsi. Joyeuses chenilles, danse des canards, chansons de Sacha Distel, boules puantes et langues-de-chat sont les articles de ce nouveau prosélytisme appelé à conquérir la planète. Une manifestation de plus à mettre au compte du grand complot jobard qui périodiquement ébranle ce vieux monde qui, il faut bien l’avouer, mourrait d’ennui sans lui. Le mois prochain, d’autres preuves encore plus accablantes de cette conspiration.
Hervé Leitner
(Paru dans « Double »)
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