SERIAL MEDIA

vid_surv

1

Dès les années soixante-dix, Andy Warhol avait annoncé que chacun serait une star au moins une minute dans sa vie.

Aujourd’hui, les caméras de vidéosurveillance accomplissent la prophétie sur le mode d’un virus. Parkings, métro, autobus, avenues, places, banques, boutiques, accueils de sociétés : des milliers d’écrans nous reflètent et nous suivent. Achats par carte bancaire, consultations par Internet, communications sur mobiles, déplacements urbains en transports publics par carte d’abonnement : les puces enregistrent la continuité des  traçabilités, réalisant un degré de quadrillage policier jamais atteint dans l’histoire.

Selon un sondage Ipsos pour la Cnil de mars 2008, 71 % des Français seraient favorables à la vidéosurveillance. Puisque sondage vaut désormais scrutin, la messe est dite.

2

Tout voir, tout savoir, tout pouvoir : la visée totalitaire s’inscrit d’emblée dans la machine d’Etat.

L’histoire démontre cependant que le fantasme policier de l’omnipotence se brise toujours sur les grains de sable d’un réel par essence incontrôlable parce qu’imprévisible.

Internet ou l’utopie réalisée du capitalisme intégral: la circulation illimitée des informations parallèle à celle de la marchandise, structure  un pouvoir réticulaire.

L’identité se résumant à un simple code barre et bientôt à une puce  implantée.

Dans ce panoptique biométrique, la dimension totalitaire figure un parfait goulag numérique, à base de nano- téchnologies, si possible bio et vertes.

Pouvoir manipuler chacun : l’information (« le renseignement ») a toujours été une des armes favorites du pouvoir. Quitte à cultiver les menaces, à en inventer, à entretenir l’insécurité (localisée dans une guerre aux pauvres) : ainsi procède l’Etat afin de  légitimer sa violence.

Le temps technologique pulvérise le temps institutionnel des procédures démocratiques traditionnelles.

Sans doute, est-ce la première fois que des dominés achètent eux-mêmes les instruments  de leur asservissement, en construisant volontairement le réseau de leur assujettissement (par le biais des mouchards que sont en réalité les portables ainsi que les terminaux d’Internet _  que tout citoyen est appelé à devenir).

La vérité qui finit par transparaître est que nous regardons moins les médias que ceux-ci nous regardent.

En quoi la « communication  »  réalise l’achèvement d’un contrôle généralisé.

Bookmark and Share

Copyright © Hervé Leitner, concepteur-rédacteur publicitaire
LePouvoirDesIdees.com, tous droits de reproduction réservés.